Fil d’Ariane

Marianne Piketty & Le Concert Idéal
Pietro Antonio Locatelli & Alex Nante

Evidence Classics

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la presse en parle

Le Monde, Pierre Gervasoni – 17 mai 2019

Il n’est pas rare de voir des compositeurs d’aujourd’hui se frotter à la musique de leurs lointains aînés par des créations en miroir censées instaurer un dialogue par-delà les siècles. Plus exceptionnelle est la démarche qui consiste à tisser un lien organique (à partir d’une note, d’un geste, d’un accord) entre les œuvres de référence et celles qu’elles ont inspirées. C’est ce qui se produit dans ce fascinant parcours suscité par Marianne Piketty entre Pietro Antonio Locatelli et Alex Nante […] Amorce ou prolongement des partitions du virtuose d’antan (principalement des concertos grossos), chaque page de notre jeune contemporain est un chef-d’œuvre de diffraction sensible, aussi intelligemment écrit que profondément ressenti […]. A la tête de son ensemble, le bien nommé Concert Idéal, Marianne Piketty déroule avec art la pelote de fils violonistiques dans un labyrinthe dont, comme nous, elle ne semble pas vouloir sortir.

Res Musica, Michèle Tosi – 18 mai 2019

Le Fil d’Ariane est une aventure aussi risquée que bien conduite par Marianne Piketty […] La fluidité avec laquelle les interprètes déroulent ce Fil d’Ariane est confondante, dans le respect éminemment baroque du principe du contraste entre des pièces relativement courtes. […] C’est le violon solo, épaulé par ses partenaires, qui endosse le rôle d’Arianna, dans des « récitatifs et airs » auxquels il ne manque que les paroles.

Classique HD, Nicolas Roberge – mai 2019

Tel un phare dans la nuit le fil d’Ariane vient s’entremêler dans ces concertos d’une grande beauté.
C’est joué avec une telle passion et une telle ferveur qu’on s’accroche au fil qu’Alex Nante déroule afin de ne pas se perdre dans ce labyrinthe de tonalités. Le Concert Idéal nous apportent encore plus de spiritualité par son jeu en phase avec l’ambiance donnée par Marianne Piketty. La violoniste fait revivre Locatelli de ses doigts agiles ; sa technique est sans faille et c’est un délice d’écouter les prouesses de ces musiciens et de se perdre avec eux.

Froggy’s Delight, Jérôme Gillet – mai 2019

Aux atmosphères nocturnes, poétiques et spirituelles d’Alex Nante répondent la brillance fantasque, les envolées entre Corelli et Vivaldi, des œuvres de Locatelli. Mais c’est bien, même si les esthétiques sont différentes, une même intensité, une même expression et profondeur, une même dramaturgie, de réelles correspondances, un même souffle qui parcourent et s’entremêlent comme une façon de boucler la boucle dans ce disque.

Grey Panthers, Ferruccio Nuzzo  – 3 juin 2019

Un disco memorabile

Vosges Matin, Valérie Petitdemange – 17 avril 2019

Enivrant & déroutant

Locatelli - Sinfonia Funebre & Nante - Lamento

par Marianne Piketty & Le Concert Idéal | Le Fil d'Ariane

Nante - Elegiaco

par Marianne Piketty & Le Concert Idéal | Le Fil d'Ariane

Nante - Specchio

par Marianne Piketty & Le Concert Idéal | Le Fil d'Ariane

« Apprendre lance l’errance »
Michel Serres

Locatelli est généralement présenté comme l’un des plus dignes représentants de ces violonistes/compositeurs italiens baroques qui jouaient, les yeux exorbités, l’écume au lèvre, la perruque folle, la contorsion nerveuse et le pied sonore, timbres et acrobaties des plus spectaculaires. L’audience hurlait, s’entretuait, la transe envahissait les lieux, on se défenestrait. Les vibrations fabuleuses de ces virtuosi étaient même capables de faire évanouir des petits oiseaux. “Un plaisir trop douloureux” selon certains. Locatelli fixait longuement, d’un “regard intensément théâtral”, les badauds avant de commencer à jouer, il s’habillait “somptueusement avec des anneaux brillants” et dès qu’il posait l’archet sur la corde c’était “comme un diable”, il courait “comme un lièvre sur son violon”, avec un son “rude” qui brutalisait “les oreilles délicates”, mais finissait, avec une “agilité extraordinaire”, à les rompre
au pouvoir expressif de ses “wild flights” (“envolées sauvages”).

La figure de Locatelli ne saurait toutefois se limiter à ce cliché de phénomène de foire. De Rome à Venise, en passant par Mantoue, de ses tournées allemandes à la ville Amsterdam (où il vivra plus de 30 ans avant d’y mourir), Locatelli évolue au cœur du bouillon culturel qui mène peu à peu l’Europe des goûts différents aux “goûts réunis” ou “gemischter Styl”. Il est d’ailleurs amusant que ce musicien “errant”, véritable ambassadeur italien en exil, termine son fameux Arte del violino par un “Laberinto Armonico” (“Labyrinthe harmonique”) ou son op.7 par un concerto intitulé Il Pianto d’Arianna (Le Pleur d’Arianne), décrivant les larmes de cette Princesse abandonnée par Thésée qu’elle venait de sauver, en lui offrant un long fil, du labyrinthe de Minos.

La musique de Locatelli repose sur une surprenante juxtaposition de la clarté dialectique de Corelli avec l’exubérance virtuose de Vivaldi, ses deux maîtres, et se teinte parfois d’une certaine “tenue” à la française, alors de plus en plus à la mode dans les cours européennes. Si Locatelli, en bon italien, sait faire feu de tout bois, il est néanmoins loin de se contenter de son habileté: il ne cesse d’explorer, n’hésite pas à se perdre dans les tonalités les plus improbables, les structures les moins symétriques, ou tordre ses doigts bien au-delà du plaisir bourgeois. Un style “décousu” qui déconcerte souvent mais qui fait apparaître de toutes nouvelles questions.

C’est cette idée de variété et d’errance, de perte de point de repère, qui a motivé ce projet. Le programme présente différents îlots de la musique de Locatelli, entre lesquels le compositeur Alex Nante se charge de dériver. Un fil d’Arianne qui cherche à montrer combien les différences n’ont aucun problème à coexister, et combien leurs confrontations, aussi paradoxales soient-elle, sont toujours un moteur vers l’émancipation.

Olivier Fourés

MariannePikettyViolon
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Marianne Piketty
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